Le concept de microstructure médicale est né en 1999 à Strasbourg, des suites d’un travail collaboratif unissant des personnes issues de champs d’expertises variés (médecins, psychologues, travailleurs sociaux, usagers, sociologues…), afin de faire face aux difficultés rencontrées par des personnes dépendantes aux psychotropes, en pleine épidémie SIDA. En concomitance, et pour les mêmes raisons sanitaires, le réseau Canebière de microstructures a été fondé à Marseille au début des années 2000.

Le dispositif expérimental de microstructures déployé en Alsace entre 1999 et 2003 a été évalué en collaboration avec le Laboratoire d’Epidémiologie et de Santé Publique de l’Université de Strasbourg. Cette première étude publiée en 2004 a permis de montrer l’impact positif du dispositif de microstructure, par rapport à une offre de soins conventionnelle pour la prise en charge des addictions en médecine de ville.

Plus tard, des microstructures ont été implantées dans de nouveaux territoires tels que la Somme, les Vosges, La Lorraine, la Moselle et la Meurthe et Moselle. Ce développement dans d’autres régions, a suscité la mise en place en 2006 d’une Coordination Nationale des Réseaux de MicroStructures (CNRMS) ayant pour mission de fédérer les réseaux de microstructures.

Dans le dernier plan de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) de 2018-2022, il est souligné l’importance de la médecine de premier recours dans la prise en charge des addictions (Axe II, priorité 6). Il y est notamment soulevé l’importance du travail pluri-professionnel et du développement de microstructures. Dans ce contexte, plus de 150 microstructures devraient exister d’ici fin 2022 sur l’ensemble du territoire national.

Par ailleurs, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 a introduit, en son Article 51, un dispositif permettant d’expérimenter de nouvelles organisations en santé reposant sur des modes de financement inédits. Dans le cadre de cette expérimentation, baptisée EQUIP’ADDICT «Développement harmonisé du dispositif des microstructures médicales addictions», la CNRMS assure une mission spécifique qui vise la création de nouvelles microstructures dans 5 régions de France selon un nouveau modèle économique finançant les microstructures via un forfait annuel.

Ainsi, les dispositifs de microstructures médicales se développent sur le territoire français, étant implantés dans 7 grandes régions :

  • Grand-Est : 6 Réseaux de MicroStructures (RMS), regroupant 32 microstructures au sein de la Coordination Microstructures Grand-Est ; projet de 74 microstructures d’ici 2023

  • Hauts de France : 14 microstructures réparties entre les département de la Somme (12) et de l’Oise (2) ; projet de 40 microstructures d’ici 2023

  • Ile-de-France : 12 microstructures dans le département de la Seine-Saint-Denis

  • Bourgogne-Franche-Comté : 12 microstructures réparties à travers les départements de la région

  • Occitanie : 27 microstructures en fonctionnement dans la région

  • Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 3 microstructures dans le département des Bouches-du-Rhône ; projet de 5 microstructures d’ici fin 2022

  • Nouvelle-Aquitaine : 1 microstructure dans les Pyrénées-Atlantique

Vous pouvez télécharger la plaquette de présentation de la CNRMS ici.